FORET DE MERCOIRE
Ce massif de 11 600 ha est formé par de nombreuses petites vallées
ouvertes où se sont installés les villages, support d'une activité agricole
basée sur l'élevage et les cultures fourragères. On observe aussi la présence
de nombreuses pistes forestières et de reboisement ainsi qu'une activité de pêche
et de chasse. Dans un vallon où coule un affluent du Langouyrou, on peut voir
les bâtiments d'une abbaye cistercienne.
La forêt de Mercoire forme un ensemble boisé homogène, compris
entre les vallées amont du Chassezac, de l'Allier et du Clamouse. Cette forêt,
exploitée par les scieries dès la fin du siècle dernier, a été aujourd'hui
largement reboisée en résineux. Le Moure de la Gardille (altitude 1503 m) est
le point culminant du massif. A partir de celui-ci, s'étend une ligne de crête
qui sépare le massif en deux versants. Sur le versant sud, prennent naissance
le Chassezac et l'Allier La hêtraie (à Fagus sylvatica) occupe la majorité
des sols accompagnée du bouleau (Betula sp.). S'ajoutent à cela les multiples
essences de reboisement plantées dans un but de restauration et de protection
des sols contre l'érosion : Pin sylvestre, Sapin (Abies alba), Mélèze (Larix
decidua), Epicéa (Picea abies). Signalons aussi, dans les zones les plus
pauvres et non reboisées, la présence de la lande à Genêt purgatif (Cytisus
purgans), Genêt à balai (Cytisus scoparius) et Fougère-aigle (Pteridium
aquilinum). A la naissance des ruisseaux ou en bordure de ces derniers, on
observe le développement de marais tourbeux ou de tourbières.
Les tourbières ou marais tourbeux abritent une flore relictuelle, parfois rare,
possédant d'intéressants vestiges boréaux. Citons notamment : - Menyanthes
trifoliata ; - Drosera rotundifolia ; - Comarum palustre ; - Oxycoccus
quadripetalus. Ces quatre espèces, bien que n'étant pas rares sur le
territoire du département, sont strictement inféodées aux tourbières. Dans
la hêtraie, outre le traditionnel cortège de plantes associées à cette
formation, on observe une station à Sonchus plumieri : cette mégaphorbiée est
caractéristique des bois siliceux en montagne. Elle est présente seulement en
trois stations dans le département. 2 - Faunistique Les forêts immenses qui
recouvrent le massif abritent des populations importantes de cerf (Capreolus
capreolus) et de chevreuil (Cervus elaphus) ainsi qu'une avifaune forestière spécifique
dont le Pic noir (Dryocopus martius) (en expansion au niveau national) et la
rarissime et discrète Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus) (nicheuse
probable).
Ce massif possède un intérêt écologique important lié à la
diversité des types de milieu (alternance de bois, lande, prairies et bords de
ruisseaux), du relief et des expositions. Les milieux forestiers de Mercoire
conservent des zones relictuelles épargnées par la déforestation du siècle
dernier et comportant des arbres plusieurs fois centenaires et des essences variées.
Ces hêtraies ou hêtraies-sapinières arrivées à un stade optimum de développement,
en équilibre avec les conditions de sol et de climat, sont les témoins de la
forêt climacique primitive. Ce massif comporte aussi plusieurs tourbières ou
marais dont la formation et le maintien sont favorisés par l'importance des précipitations,
un climat froid et un sol acide. Ces tourbières de par leur rareté et leur
richesse constituent un élément irremplaçable du patrimoine écologique de
notre territoire d'ou son inscription dans une SNIEFF. Enfin, ce massif, constitue un véritable château d'eau pour
toute la région. De nombreux cours d'eau importants y prennent naissance (Chassezac,
Allier, Langouyrou...).
Bibliographie - Source
PUECH J. - Botaniste. Communication orale DEJEAN R. - Parc National
des Cévennes. Communication orale DE KERMABON J. - Parc National des Cévennes.
Communication orale Maîtrise d'ouvrage : Ministère de l'Environnement Maîtrise
d'ouvrage déléguée nationale : Secrétariat de la Faune et de la Flore du Muséum
National d'Histoire Naturelle Maîtrise d'ouvrage déléguée régionale :
Direction Régionale de l'Environnement Languedoc-Roussillon (DIREN) Maîtrise
d'oeuvre : Institut des Aménagements Régionaux et de l'Environnement (IARE
Montpellier) 1991